Thursday, March 23, 2006

A star is nearly born

Ah mes amis quelle soirée avec la chorale New York Sings : des applaudissements nourris, des hourrah et des bravo de la foule en délire, ça a claqué du dentier, ça a swingué du déambulateur...bon d'accord j'exagère mais ça a plu à notre public, la preuve : on a même eu droit à un rappel. C'était émouvant tous ces petits vieux (en fait surtout des petites vieilles, rien de très surprenant) fredonnant en coeur les chansons, souvenir de leur jeunesse enfuie....spécialement le fameux titre Always. L'excitée de la glotte nous a gratifiés d'un solo....je suis mauvaise langue, elle chante très bien (pour la petite info, elle est soprano).

Et moi je m'en suis sortie plus qu'honorablement. Il faut dire que j'avais passé pas mal de temps à répéter tant le gouffre de mon ignorance en matière de chanson populaire américaine des années 30/40 m'avait frappée la semaine dernière (voir New York Cares). Grâce à Chris j'ai découvert qu'on pouvait télécharger des chansons sur MSN Music ($1 la chanson) : je me suis donc créé mon petit répertoire musical personnel et j'ai pu ainsi m'entraîner...Pour nos voisins qui ignorent sans doute qui nous sommes (ai-je déjà mentionné dans ce blog à quel point nos voisins sont peu aimables ? La plupart ne nous saluent pas, même quand on leur envoie un bonjour souriant...), plusieurs idées ont pu leur venir à l'esprit au son de ma mélodieuse (?) voix :
1- Soit une jeune ambitieuse voulant faire carrière à Broadway avait emménagé
2- Soit un couple de retraités mélomanes avaient emménagé
3- Soit on étranglait un chat victime de la grippe aviaire

Prochaine destination de la chorale dans un mois : Brooklyn. C'est en entendant Gary essayer de convaincre tout le monde de venir à la prochaine répétition à coup d'arguments tels que "c'est pas si loin que ça", "il suffit de prendre le métro X", "ça ne met pas tant de temps que ça" etc...que j'ai réalisé à quel point certains New-Yorkais peuvent être snobs au sujet de Brooklyn ! (ce que je soupçonnais déjà un peu). Pour certains en effet New York se limite à l'île de Manhattan (pas pour tous heureusement, certains quartiers de Brooklyn sont même en train de devenir à la mode : les bars et restaurants branchés pullulent, les activités culturelles se développent et, preuve ultime, les prix des maisons augmentent !).

Friday, March 17, 2006

New York Cares


Depuis quelques semaines Chris et moi sommes volontaires pour une organisation qui s'appelle New York Cares. L'idée était de prendre quelques heures de notre temps libre pour faire quelque chose d'utile et par la même occasion peut-être d'élargir notre cercle social. Le principe de New York Cares est très intelligent et très adapté à la vie des "busy" New-Yorkais. Il suffit d'assister une fois à une session de présentation à leur siège social et on peut ensuite s'inscrire en ligne pour un ou plusieurs projets parmi les dizaines proposées chaque semaine. Si bien que l'on peut soit s'engager de manière régulière soit s'investir dans une action caritative de temps en temps selon ses disponibilités. La sélection de projets est également très variée : on peut aussi bien rendre visite à des personnes agées ou des malades que proposer des activités culturelles ou sportives aux enfants des quartiers défavorisés, s'occuper des sans-abris, participer à la revitalisation des parcs et jardins de la ville ou encore donner des cours d'anglais à des immigrés etc...

Chris donne des cours d'informatique dans un centre à Harlem. Pour ma part je me suis decidée à toucher un peu à tout.

C'est ainsi que j'ai commencé par servir des repas à des sans-abris dans une église "Unitarian" (Quèsaco ? Je ne sais pas trop mais il faut dire que les Américains sont assez fortiches en ce qui concerne la diversité de leurs mouvements religieux).

J'ai ensuite appris à jouer au bingo avec les résidents du Times Square Hotel. Une initiative très intéressante de l'association Common Ground consiste en effet à rénover des bâtiments abandonnés pour héberger d'anciens sans-abris, anciens drogués/alcooliques, déficients intellectuels ou personnes agées en difficulté, permettant ainsi à la fois de préserver le patrimoine architectural new-yorkais et d'offrir une réinsertion sociale (soutien médical, aide à la recherche d'emploi, organisation de loisirs etc.) dans un cadre de vie plaisant. Pour les ignorants de mon genre (ça a beaucoup étonné que je ne connaisse pas le bingo) : c'est un jeu de pure chance où chaque joueur a quatre cartes avec plusieurs numéros, des boules numérotées sont tirées au hasard, le premier qui réussit à remplir une ligne ou une diagonale entière gagne et à ce moment-là il faut crier Bingoooooooo ! (ce que je me suis bien sûr empressée de faire à ma première victoire)

Enfin plus récemment j'ai commencé les répetitions afin de chanter pour les personnes agées du Jewish Home and Hospital. Avec mon pot habituel, je me suis retrouvée assise à côté d'une Broadway Wannabe qui doit sans doute courir d'auditions en auditions toute la journée et qui couvrait de son vibrato (ou moderato, je ne connais rien au solfège) les voix de toute la chorale. Assez impressionnant ce qu'elle pouvait faire avec sa glotte mais il faut aimer ce style très Fantôme de l'Opéra & Co, très américain style Broadway quoi ....Et puis c'est tout de suite moins marrant quand quelqu'un prend une activité comme celle-là très au sérieux (et non, non chui pas jalouse !). Au programme Cole Porter, Gershwin, des standards repris par Frank Sinatra etc...certains familiers à mon oreille, d'autres pas du tout. Au piano, Gary (le chef de la chorale) s'est voulu rassurant en disant que, même si on ne connaissait pas la chanson, "c'est pas si dur parce que c'est dans nos gênes"...Hello ??? Pas dans les miens ! Donnez moi du "Y'a de la Joie", du "Boum, quand notre coeur fait boum", du "J'ai la rate qui s' dilate, j'ai le foie qu'est pas droit"... je suis même prête à hurler que "Rien de rien, non je ne regrette rien" (à part peut-être être venue dans cette chorale ...?!) mais fredonner la chanson préférée des Américaines quand leurs fiancés partaient au combat lors de la deuxième guerre mondiale (n'oubliez pas que c'est dans une maison de retraite que je vais faire mes débuts "Broadwayiens" !), j'ai plus de mal (quoique c'est une chose intéressante à connaître...la chanson en question s'appelle Always et va ainsi : "I'll be loving you, Always, With a love that's true, Always..."). Bref me voilà donc à pousser la chansonnette de bon coeur (tout en me concentrant sur ma prononciation anglo-américaine, difficulté supplémentaire surtout sur une chanson comme "You say Potato I say Potato, You say tomato I say tomato"...euh, M'sieur, c'est quoi la différence ?) mais parfois aussi à mimer quand je ne connaissais pas la mélodie ou quand dans la panique j'avais mélangé toutes mes feuilles ! Ma performance (je ne sais pas si le mot est vraiment approprié...) aura lieu mercredi prochain : pensez bien fort à moi !

Thursday, March 16, 2006

Mieux que le Botox...Bloguez !

Une nouvelle qui m'a filé un p'tit coup de jeune : selon une enquête publiée lundi 13 mars 2006 par Médiamétrie (L'année Internet 2005) plus de huit blogueurs sur dix en France ont moins de 24 ans.

Tuesday, March 14, 2006

Desperate Housewives in Utah

Photo : Affiche de Big Love (source Internet)

Une nouvelle série vient de débuter sur HBO, la chaîne à qui l'on doit un certain renouveau de la fiction télévisée américaine depuis quelques années avec notamment The Sopranos (les états d'âme d'un mafioso dans le New Jersey), Six Feet Under (les états d'âme d'une famille de croque-morts à Los Angeles) et Sex And The City (plus besoin désormais de présenter les états d'âme des quatre fameuses célibataires new-yorkaises !) : Big Love ou les états d'âme d'un homme polygame et de sa nombreuse famille à Salt Lake City.

Photo : Les quatre personnages principaux de Big Love (source Internet)

Bill Henrickson (Bill Paxton) dirige une chaîne de magasins dédiés à l'équipement de la maison et a trois épouses. La première, Barb (Jeanne Tripplehorn), semble la plus posée et est la seule à avoir un emploi (elle est enseignante). La deuxième, Nicki (Chloe Sevigny), une des filles du "prophète" de la communauté où Bill a été élevé, met en péril les finances de la famille toute entière avec ses achats compulsifs. La troisième, Margene (Ginnifer Goodwin), la plus jeune et la moins adaptée à la situation, se morfond devant son miroir à cause des kilos en trop pris après deux grossesses successives. L'action se déroule principalement dans trois proprettes maisons de banlieue qui communiquent entre elles par une arrière-cour, protégeant ainsi les allées et venues du mari, des trois femmes et de leurs sept enfants.

Les créateurs de la série disent ne pas avoir voulu traiter de la polygamie sur un mode sensationnaliste mais plutôt faire la chronique quotidienne d'une famille et de leurs difficultés...multipliées par 3 ! Bien évidemment les situations sont un peu plus compliquées que celles d'une famille ordinaire avec le secret de la polygamie à préserver et un inquiétant "prophète" à l'horizon. Le pilote diffusé le 12 mars a surtout servi à mettre tous les personnages en place et a alterné entre scènes légères et d'autres, plus réussies d'ailleurs, plus sombres. Il faudra voir comment la série évolue.

Avant même sa diffusion, la série faisait déjà l'objet de controverses (ce qui a dû bien arranger les producteurs, une mauvaise publicité valant toujours mieux que pas de publicité du tout !). L'action se passe à Salt Lake City, siège de l'Eglise Mormone qui s'inquiète de voir la polygamie traiter comme un sujet de divertissement alors que c'est une pratique qu'elle a elle-même interdite depuis plus d'un siècle. Il est toutefois précisé à la fin du premier épisode que les personnages ne sont pas des Mormons. C'est l'Eglise Mormone qui a introduit la polygamie aux Etats-Unis avant la guerre civile. Elle l'a bannie en 1890 mais la pratique a survécu dans certaines sectes fondamentalistes en Utah et dans d'autres Etats de l'Ouest américain. Pour lire le très intéressant article (en anglais) de The Guardian sur la controverse provoquée par Big Love et comment la polygamie demeure un sujet gênant pour l'Eglise Mormone alors même que certains de ses membres ont de très sérieuses ambitions politiques (notamment à la présidence des Etats-Unis), cliquez ici.

Thursday, March 09, 2006

Brokeback to the future

Voilà c'est fait, j'ai regardé les Oscars pour la première fois de ma vie et je dois dire que j'ai trouvé ça plutôt pas mal. Les Américains sont, sans aucun doute, plus forts pour ce genre de cérémonies que les Français...du rythme, une petite blague par ci-par là, des remerciements brefs etc...L'hôte cette année était Jon Stewart, présentateur du Daily Show, émission satyrique sur Comedy Central. J'ai pour ma part pensé qu'il avait fait une bonne prestation. Parmi ses blagues les plus drôles : "Björk ne peut pas être avec nous ce soir, elle essayait sa robe des Oscars (voir photo ci-dessous) et Dick Cheney lui a tiré dessus !".

Photo : Björk...and that dress aux Oscars en 2001 (source Internet)

Puis au retour d'une coupure pub, on voit Jon Stewart lancer à l'assistance "Et c'est pour ça que je pense que la Scientologie est une bonne solution non seulement pour cette ville mais aussi pour le pays..." puis subitement se retourner vers la caméra l'air gêné, faisant ainsi semblant d'avoir été pris en flagrant délit de discours pro-Scientologie (dont on sait que des stars comme Tom Cruise et John Travolta sont de fidèles adeptes alors qu'elle est classée comme une secte en France). Les critiques ont fusé le lendemain à l'encontre de Jon Stewart : il aurait eu le tort selon certains observateurs d'avoir évité toute blague politiquement dérangeante (alors que nombre de films en compétition cette année avaient le mérite d'aborder des sujets politiques ou de société) et l'élite hollywodienne n'aurait apparemment que très moyennement apprécié que l'on s'attaque à son petit cercle très fermé...

Photo : Affiche du film Brokeback Mountain (source Internet)

Contrairement à toutes les prédictions, Brokeback Mountain n'a pas obtenu l'Oscar du meilleur film qui est finalement allé à Crash (que je n'ai pas vu). Il semblerait que les votants aient été plus convaincus par un film voulant dénoncer le racisme à travers les destins croisés à Los Angeles d'une multitude de personnages aux origines diverses (blancs, noirs, hispaniques, asiatiques etc.) que par l'histoire de deux cow-boys qui tombent amoureux...finalement le résultat n'est peut-être pas si surprenant que cela...Une autre intéressante explication à la victoire surprise de Crash serait, selon The Guardian (en anglais), l'effort marketing et l'argent investi par les producteurs juste avant la cérémonie (envoi massif du DVD aux votants etc.).

Photo : Ang Lee aux Oscars en 2006 (source Internet)

L'équipe de Brokeback Mountain a quand même pu se consoler avec l'Oscar du meilleur réalisateur décerné à Ang Lee. Le lendemain de la cérémonie la Chine présentait Ang Lee (qui est d'origine taiwanaise) comme la fierté du pays et la télévision publique chinoise diffusait son discours de remerciement mais en prenant bien soin toutefois de couper toute référence à Taiwan (question brûlante de l'indépendance de l'île de Taiwan face à la Chine continentale) ou à l'homosexualité des deux héros du film. Brokeback Mountain ne sortira d'ailleurs pas sur les écrans de cinéma chinois. Pour lire les articles (en anglais) sur la réaction de la Chine à la victoire de Ang Lee aux Oscars, cliquez sur BBC & The Guardian

Enfin dernière info : depuis quelques semaines circulent sur l'Internet des parodies de Brokeback Mountain. Des extraits de films tels que Back to the future (devenu Brokeback to the future), Star Wars (devenu The Empire breaks back), Top gun, Point Break, Fight Club, Forrest Gump, The Lord of The Rings entre autres sont detournés pour faire apparaître une relation homosexuelle secrète entre les héros. Toutes les parodies ne sont pas réussies, les meilleures étant souvent celles de films comme Top Gun où un sous-texte gay existait déjà à l'origine (quoique la parodie de The Lord of The Rings est plutôt drôle et n'ayant ni lu le livre ni vu le film, je ne saurais dire si les relations entre les Hobbits ont un jour été suspectes...). Certaines associations homosexuelles dénoncent cependant un humour anti-gay.
Pour voir les parodies de Brokeback Mountain, cliquez ici.